AUTOMOBILE : Rallye du Maroc- Les vérifications, c’est Fès, place au prologue
J-1 avant le prologue de la 26e édition du Rallye du Maroc, placée sous le Haut Patronage de sa Majesté le Roi Mohammed VI.
- À l’issue des vérifications, 229 véhicules ont été admis à prendre le départ de la course. 116 FIM (11 RallyGP, 97 Rally2 et 8 Rally3), 106 FIA (44 Ultimate, 25 Challenger, 30 SSV) et 7 Open.
- Demain, le prologue de 19 km chronométrés va se dérouler dans les environs de Fès. Il permettra de déterminer les ordres de départ dans l’étape 1. Suivez le premier chrono de la semaine en direct sur le Race Center à partir de 08h (UTC +1).
Parmi les 116 motards autorisés à partir, 11 sont des pilotes RallyGP représentant KTM, Honda, Hero et Sherco, accompagnés de Stefan Svitko (Cross Team). Derrière cette élite, 90 % sont des amateurs. Certains sont ici pour découvrir le désert, d’autres le standard du championnat du monde, d’autres encore pour préparer le Dakar, parfois avec l’espoir très concret de s’y qualifier. Une dizaine d’entre eux ont fait le choix radical de rouler sans assistance, souvent avec le rêve de partir en Arabie Saoudite dans la catégorie historiquement surnommée « malle moto ».
Andrea Gava est l’un d’entre eux. Cet Italien de 30 ans est un rookie sur le Rallye du Maroc. Pour partir au Dakar, il se doit de préserver son budget en venant par la route avec sa moto de course depuis son village de Cordignano, au nord de Venise. Andrea a déjà parcouru 2 400 km pour se présenter aux vérifications à Fès, 2 300 km l’attendent cette semaine, et il devra ensuite rentrer à la maison au guidon de sa Kove, la moto chinoise la plus accessible du marché rallye-raid. Une initiative qui a séduit l’importateur italien de la marque qui le soutient. Onze Kove, soit 10 % du plateau, seront au départ du prologue demain.
Les autres pilotes ont choisi des équipes d’assistance pour assurer l’entretien, et souvent la préparation, de leurs motos. Et certaines de ces structures, dites privées, font figure de mastodontes au parc d’assistance du Grand Stade de Fès. Organisées comme les professionnelles, ce sont elles qui permettent la découverte et la progression au sein de la hiérarchie de la discipline. Nomade Racing est la plus grande équipe du bivouac FIM cette semaine avec 14 pilotes. Noa Sainct, le fils du double vainqueur du Rallye du Maroc (2001-02), est avec l’équipe française pour sa première course au niveau mondial en Rally3, la porte d’entrée du rallye-raid pour les enduristes. RS Concept accompagne aussi 5 Français.
À côté des tricolores, les équipes espagnoles de Pedrega (11) et Xraids Experience (9) ne sont pas en reste avec leurs contingents de nationaux et de sud-américains. Équateur, Mexique, Chili, Costa Rica, les hispanophones sont largement présents au sein de la caravane. Et Joyride Service (5) renforce leurs rangs. Les deux équipes néerlandaises de BAS World KTM Racing (7) et HT Rally (5), qui fait ses débuts aux couleurs de Honda, sont beaucoup plus internationales. Les teams italiens de Solarys (4) et RS Moto (3) sont présents avec leurs pilotes de la botte… et un Japonais. Vingt-quatre nationalités seront demain au départ côté FIM, venant de tous les continents.
Comme chez les motos, les équipes officielles autos seront au grand complet au départ de la course demain. Les 4 Ford Raptor sont réunis pour la première fois depuis le Dakar. Carlos Sainz et Nani Roma courent après leur première victoire au Maroc, une distinction qui manque encore à leur palmarès. Les deux stars espagnoles ont récemment terminé sur le podium des feuilles du classement marocain. Pour Nani, cela remonte à 2023, avec le Ranger de test qui préfigurait l’arrivée officielle de la marque américaine. Pour « El Matador », engagé l’an passé au volant du Raptor en catégorie Experimental, il faut revenir à 2024 pour le trouver 3e du général. Les Ford M-Sport avaient brillamment débuté au Maroc, Mattias Ekström plaçant, dans les mêmes conditions de classement, son véhicule en 5e position. Mitch Guthrie sera demain de retour avec Ford après ses participations aux deux premières manches du W2RC cette saison.
Les 3 Dacia officielles seront au départ demain. Apparue elle aussi pour la première fois sur le Rallye du Maroc 2024 avec Nasser Al Attiyah, Sébastien Loeb et Cristina Gutiérrez, l’équipe The Dacia Sandriders avait signé une entrée en fanfare avec le doublé final Al Attiyah–Loeb. Un « 1-2 » jamais égalé depuis. Le Qatarien, septuple vainqueur du Rallye du Maroc (recordman) sur les dix dernières éditions, est le grand favori à sa propre succession.
Toyota, sextuple vainqueur sur la course (le record pour une marque), veut renouer avec la victoire. La dernière en date remonte à celle de Yazeed Al Rajhi en 2023 (Overdrive Racing). Le vainqueur du Dakar 2025 sera accompagné d’une armada de Hilux. Cinq officiels seront notamment au départ. Henk Lategan et Lucas Moraes (Toyota Gazoo Racing W2RC), les deux menaces directes de Al Attiyah au championnat du monde, ont beaucoup moins d’expérience au Maroc. Le Sud-Africain va découvrir le Royaume, un an après le baptême du Brésilien. Leur coéquipier Seth Quintero sera là pour les épauler. Saood Variawa et Joao Ferreira joueront la carte de la jeunesse au sein de l’équipe Toyota Gazoo Racing. Century Racing avec Brian Baragwanath et Mathieu Serradori, et X-raid Mini, fermeront le rang des officiels.
En Challenger, BBR Motorsport aligne 6 équipages, dont un nouveau venu de marque dans la catégorie (voir Radio Bivouac). Deux jeunes pilotes sont à surveiller. À 24 ans, Charles Munster a déjà fait parler de lui lors de la précédente manche du W2RC au Portugal et Jayden Els, 18 ans, percutant en Ultimate à domicile en Afrique du Sud cette saison au volant d’un T1+, revient sur le championnat.
En SSV, les équipes privées et officielles ont fait le plein et la répétition générale du Dakar est clairement dans le viseur. South Racing Can-Am (7 équipages), emmené par Manuel Andujar, va affronter les 4 Can-Am Factory de « Chaleco » Lopez, Jeremias Ferioli et les deux Américains Hunter Miller et Kyle Chaney.
Martin Macik (MM Technology), tenant du titre avec une 19e place scratch FIA, fait figure de favori chez les camions. Le Tchèque s’apprête à affronter les deux équipages néerlandais du clan Huzynk, les Polonais et les Italiens équipés des machines de son propre atelier MM Technology. Trente-deux nationalités seront demain au départ côté FIA.
RADIO BIVOUAC
Deux anciens motards ont fait tourner les têtes des concurrents FIA durant les vérifications ces deux derniers jours. Laia Sanz participe à son premier Rallye du Maroc sur 4 roues (voir Le Rallye du Maroc et moi). Après le Dakar 2023 en Mini T1, puis la dernière édition saoudienne dans un Century 2 roues motrices, la voilà pour la première fois dans un T1+, aux couleurs de la marque espagnole Ebro. Victime d’une crise de l’appendicite, son navigateur Maurizio Gerini a été remplacé au pied levé par Taye Perry. Elle aussi ex-motarde du Dakar, la Sud-Africaine a déjà notamment navigué avec son compatriote Baragwanath sur le Dakar 2021 et de Cyril Despres sur le suivant.
Kevin Benavides imitera demain son ex-coéquipière KTM. Le double vainqueur du Dakar à moto (2021-23) se lance sur 4 roues, mais lui en Challenger. Comme d’autres athlètes Red Bull avant lui, l’Argentin s’est présenté aux vérifications avec l’équipe BBR Motorsport pour préparer son 10e Dakar : « Je suis à nouveau un débutant, et cela coïncide justement avec mes débuts à moto il y a dix ans… ici-même ! L’histoire se répète une décennie plus tard. C’est incroyable de voir tout ce que j’ai réussi à faire, notamment deux victoires au Dakar. Je regarde maintenant le futur avec beaucoup d’enthousiasme et de motivation. Je suis compétitif et je veux travailler pour gagner, mais comme en moto, je crois que la victoire se construit en avançant un pas après l’autre et en faisant les choses bien. J’aborde donc les choses de la même manière, avec une certaine tranquillité. J’ai l’avantage d’avoir une grande expérience dans le désert, donc je crois pouvoir rouler intelligemment. »
CHIFFRE DU JOUR : 2.0
Partenaire du Rallye du Maroc, BFGoodrich lance cette semaine en course la dernière évolution de son pneu de rallye-raid. Le KDR3 EVO 2.0 est apparu aux vérifications techniques depuis hier sur les autos des meilleurs équipages au monde. Plus résistant face à la crevaison, offrant une meilleure traction dans le sable et plus de confort dans toutes les conditions, le EVO 2.0 est né pour remplacer le KDR3. Le test grandeur nature avant le Dakar et la saison 2026 commence demain !
LE RALLYE DU MAROC ET MOI
Laia Sanz, seule motarde entrée dans le Top 10 du Dakar (9e en 2016).
Mon premier Rallye du Maroc : « Mon premier Rallye du Maroc remonte à 2014 lorsque je suis entrée dans l’équipe Honda HRC de rallye-raid. J’ai terminé 10e du général. »
Mon dernier Rallye du Maroc : « Ma dernière participation, c’est en 2019 (19e). Mais mon meilleur souvenir reste l’édition 2017 où l’on était avec la nouvelle KTM de l’époque. J’ai terminé 5e du prologue, 3e d’une étape et 5e du général. »
DÉCLARATIONS
Nasser Al Attiyah (The Dacia Sandriders) : « Je suis très heureux d’être ici, le Rallye du Maroc est ma course préférée. Mais d’un autre côté, c’est une course très exigeante, et cette année nous allons devoir être particulièrement intelligents pour, à la fin, remporter le championnat du monde. Bien sûr, je vais faire mon maximum pour remporter la course, nous avons beaucoup d’expérience ici. Nous avons rencontré des problèmes de frein au Portugal que nous avons résolus les jours suivants, avec de bons résultats à la clef. On va essayer de rester sur le même rythme »
Henk Lategan (Toyota Gazoo Racing W2RC) : « Ce sont beaucoup de premières pour moi : première année au championnat du monde, première course au Portugal, et maintenant au Maroc. D’après ce qu’on a entendu, c’est plus un désert ouvert et j’aime ça. On espère gagner un peu en vitesse. Les voitures sont faites pour ça. On est légèrement désavantagés par rapport aux pilotes qui sont déjà venus ici à plusieurs reprises, mais tout s’est bien passé jusqu’à présent, alors voyons si on peut terminer la saison en beauté ! »
Sébastien Loeb (The Dacia Sandriders) : « Le Rallye du Maroc est une course toujours importante pour nous car c’est une bonne préparation pour le Dakar, mais aussi la dernière du championnat. On veut donc toujours y finir en beauté. J’ai terminé deuxième l’an dernier et on a fait un doublé avec Dacia. L’objectif est d’essayer de performer. Si on me demande, bien sûr que jouer la victoire est le but ultime. On va déjà tester la voiture, vérifier que tout va bien, que tout est fiable, et si on fait une belle course, la position finale ne devrait pas être trop mauvaise »
Carlos Sainz (Ford M-Sport) : « Le Maroc est une course mythique pour nous tous, car c’est évidemment le dernier test avant le Dakar. C’est une manche importante car c’est le moment où, d’une certaine manière, on va tirer des conclusions et avoir une vision claire de la concurrence et de l’évolution des voitures. C’est donc une course très importante en préparation du Dakar. Je pense que nous avons bien travaillé cette année, et il est temps de le vérifier »
Nani Roma (Ford M-Sport) : « L’année dernière je n’ai pas roulé ici, c’était Mattias (Ekström) et Carlos (Sainz). Cette saison j’ai fait le Dakar, l’Afrique du Sud et la Baja Aragon. On est contents, on a les nouvelles voitures, l’évolution avec laquelle j’ai roulé à la Baja et Carlos au Portugal. On doit voir ici où on se situe par rapport aux autres. Carlos et moi sommes à un moment de nos carrières où nous n’avons rien à prouver, nous sommes plus vers la fin qu’au début, et je pense que c’est un avantage »
Allyyah Koloc (Buggyra ZM Racing) : « Pour cette course, les mécaniciens ont redessiné l’auto, cela a été un long été pour eux. Nous sommes donc engagés en catégorie Open pour tester et préparer la voiture pour le Dakar. C’est la deuxième fois que je vais rouler dans la même équipe que mon père, la première fois était déjà ici au Maroc. On va juste rester concentrés sur nous deux pour éprouver la voiture, nous entraider si besoin bien sûr. L’an dernier, j’ai vraiment apprécié la course, c’est ma préférée du calendrier, j’ai hâte d’y participer pour la deuxième fois »
Daniel Sanders (Red Bull KTM Factory Racing) : « Même lorsque j’ai remporté mon premier rallye, je ne me sentais pas à l’aise sur la moto et je savais que je pouvais faire mieux. Mais j’étais le petit nouveau dans l’équipe, entouré de pilotes vainqueurs du Dakar comme Sam Sunderland et Toby Price, donc ce n’était pas facile de me faire entendre et d’obtenir ce dont j’avais besoin. Mais comme le dit le proverbe, « c’est la roue qui grince qui finit par être huilée », et avec l’équipe, nous avons travaillé très dur sur notre machine. Maintenant, je me sens vraiment à l’aise sur ma moto et j’adore la piloter, et c’est sans aucun doute la clé de ma récente série de succès »
Tosha Schareina (Monster Energy Honda HRC) : « C’est ma 4e participation ici, c’est la plus grande course après le Dakar et c’est donc une excellente préparation. Toutes les équipes sont là pour ça et de notre côté on a tous les outils pour réussir. On a passé une semaine au Maroc à s’entraîner, comme tous les autres. Je dois réaliser une bonne course, car je peux prendre la deuxième place du championnat, malgré le fait que je n’ai pas terminé la manche en Afrique du Sud. Je suis focalisé sur cet objectif et je suis là pour gagner la course. Dans le passé, je n’étais pas totalement en confiance dans les dunes, maintenant après quelques années en rallye, je me sens bien partout. Mais c’est ma première fois à Fès, donc j’attends de voir le terrain ici avant les quatre jours suivants autour d’Erfoud que l’on connait pour s’y entrainer souvent »
Achraf Zoulati (Fédération Royale Marocaine de Motocyclisme) : « C’est un honneur de représenter le Maroc et qui plus est d’ouvrir le prologue demain. C’est évidemment un peu de pression car c’est ma première participation au Rallye du Maroc, qui est l’un des plus grands au monde. Le terrain et la navigation y sont difficiles, mais je suis heureux d’être au départ de ce qui est mon troisième rallye »









