VOILE : Solitaire du Figaro Paprec – Victor Le PAPE termine 9ème à Roscoff, Lola BILLY en 29ème position
Le parcours annonçait la couleur : des allers-retours en Manche dans des conditions météorologiques techniques, au cœur d’un trafic maritime dense.
Les marins ont tout connu sur cette première étape de la Solitaire du Figaro Paprec. Après un dernier bord éprouvant depuis la marque de Needles Fairway, Victor Le Pape a franchi ce matin la ligne d’arrivée en baie de Morlaix. Il s’empare de la 9e place à bord de son monocoque Région Bretagne-CMB Espoir, après 3 jours, 19 heures et 22 minutes de course. Pour sa grande première sur l’épreuve, Lola Billy décroche la 29e place après 3 jours, 22 heures et 28 minutes de navigation.
L’ascenseur émotionnel pour Victor Le Pape
Après un départ bien négocié en baie de Seine, le skipper concarnois s’est fait surprendre par le courant virulent au large de Barfleur, avant de réussir à nouveau à réduire l’écart au cours de la première traversée de Manche en direction de la marque de Skerries Bank, au sud de l’Angleterre : .« Dans l’ensemble, j’ai réalisé une belle navigation en Manche et je suis plutôt satisfait de moi », se félicite le marin, qui a ensuite pris la tête de la course grâce à un bord sous spi particulièrement rapide et engagé. La situation s’est compliquée au large de Dieppe, avec un courant contraire et une zone sans vent : .« À Dieppe, je me suis arrêté en pensant que ça allait repartir. Je voyais les autres concurrents arriver, les risées entrer petit à petit… mais comme j’avais reculé, elles ne me touchaient pas. J’ai un peu craqué quand le 25e bateau m’a doublé (rires). Heureusement, je me suis vite repris et je suis reparti. C’est frustrant de ne pas réussir à rester devant, surtout quand certains derrière y parviennent, mais c’est le jeu de la Solitaire. J’ai quand même servi de rond-point à une bonne partie de la flotte (rires) !»
La fin de course n’a pas davantage épargné les 34 solitaires engagés sur cette étape. Après une nouvelle traversée de Manche musclée, les concurrents ont dû composer avec un front tonique sur le retour vers Roscoff, alors que la fatigue accumulée depuis le départ se faisait sentir dans chaque manœuvre. « Hier soir, j’étais bien placé, mais un petit manque de lucidité cette nuit, combiné à la fatigue, m’a un peu freiné. Nous avons ensuite traversé une zone sans vent.. À la fin, le front est arrivé pour les autres alors que je n’étais pas au bon endroit, ce qui a permis à une partie de la flotte de me dépasser », témoigne Victor, qui retient malgré tout du positif de l’intensité de la bataille livrée tout au long de cette première étape.« Cette régate a été intéressante sur le plan tactique : il est rare d’assister à autant de retournements de situation et à une course qui se joue autant par l’arrière. »
Bizutage en règle pour Lola Billy
La première étape d’une Solitaire du Figaro est toujours un moment marquant dans la vie d’un marin. À bord de son Figaro Bénéteau Région Bretagne-CMB Océane, Lola Billy n’y a pas échappé. « C’était un vrai bizutage dans les règles de l’art : les grains orageux, la molle, les cailloux, les longs bords et plein de petites galères à gérer », confie la jeune skipper de l’Aber Wrac’h. Le principal défi résidait dans la gestion du sommeil, ennemi numéro un du marin sur une telle épreuve.« On avait bien préparé ça avec le Pôle Finistère Course au Large pour identifier les moments où je pouvais dormir et m’économiser au maximum », explique-t-elle. Malgré les difficultés, Lola tire un bilan positif de cette première expérience exigeante.« C’est hyper formateur pour la suite et j’ai vraiment hâte de repartir, donc c’est bon signe ! J’ai fait des erreurs, c’est normal, surtout en solitaire où les petites bourdes s’enchaînent vite avec la fatigue. Désormais, place au repos, à la mise à jour du bateau et aux petites bricoles. Ensuite, on débriefe avec les coachs et on prépare la météo pour la prochaine étape. »
Le rendez-vous est fixé : dimanche 14 septembre à 13h00 (heure locale), les marins s’élanceront de Roscoff pour la deuxième étape de la Solitaire du Figaro Paprec, cap sur Vigo en Espagne.

















