ATHLETISME : Débuts en Diamond League, entraînement avec Katzberg, développeur d’applications
Au cours d’une année où il a franchi la barre des 80 mètres pour la première fois, le lanceur de marteau allemand de 23 ans Merlin Hummel est en passe de réaliser sa meilleure saison dans ce sport, en se concentrant sur les Championnats du monde d’athlétisme à Tokyo du 13 au 21 septembre.
Le chroniqueur d’european-athletics.com a été invité à faire ses débuts en Diamond League en Silésie samedi (16). Il nous fait part de son programme de compétitions chargé, incluant les Jeux mondiaux universitaires, une compétition à Budapest et des rencontres avec le champion olympique, tout en continuant à développer son application de lancers.

Recevoir l’appel pour participer à ma première Diamond League
Quand j’ai reçu l’appel pour concourir en Silésie, j’étais partagé. Mon manager m’a appelé le lundi précédant le Grand Prix de Hongrie à Budapest (12) pour m’annoncer qu’il y avait une ouverture tardive en Ligue de Diamant le samedi (16).
Au début, j’ai voulu dire non. J’étais entièrement concentré sur l’entraînement et la préparation pour les Championnats du monde d’athlétisme, et chaque voyage me fait perdre des jours que je pourrais consacrer à perfectionner ma technique.
Mais ensuite, j’y ai repensé. La compétition, c’est aussi un entraînement, mais d’une manière différente. Ça met le mental à l’épreuve, pas seulement le corps. Alors j’ai dit oui.
Me voilà donc sur le point de faire mes débuts en Diamond League devant 35 000 fans en Pologne. C’est surréaliste. L’ambiance s’annonce électrique, et je sens déjà la nervosité et l’excitation se mélanger.

Distraction due au temps passé devant un écran
La semaine a été très chargée. Le 12 août, j’ai participé au Mémorial Gyulai István à Budapest, où j’ai terminé quatrième.
J’avais le choix : rester à l’entraînement ou me lancer directement dans une autre compétition. Finalement, j’ai décidé que l’expérience des réunions consécutives pourrait être précieuse, une occasion de mettre en pratique ce que j’avais appris à l’entraînement.
Cet été a déjà été riche en enseignements. Aux Jeux Mondiaux Universitaires de la FISU en Rhénanie-Ruhr, le 23 juillet, j’ai remporté l’argent derrière l’Ukrainien Mykhaylo Kokhan avec un lancer de 77,03 m. Lancer à domicile en Allemagne était un moment spécial, même si j’ai été frustré par quelques problèmes techniques.
Un écran géant était placé juste devant le cercle, ce qui me distrayait à chaque lancer. Cela m’a affecté mentalement et m’a rappelé l’importance de rester calme et de faire confiance au lancer.
Puis sont arrivés les Championnats d’Allemagne à Dresde, le 3 août. J’ai réussi à gagner 78,17 m, ce qui était plutôt bien, plus proche des 80 m que je vise. Mais l’essentiel pour moi est d’arrêter de tirer sur le marteau avec mon épaule.
Dès que je me crispe, le lancer ne passe pas. Plus je suis détendu, plus il va loin. C’est ce que j’ai pratiqué toute la saison : lâcher prise.
Passer du temps avec les meilleurs lanceurs de marteaux
Ici, en Silésie, je partage ma chambre avec Yann Chaussinand, un Français. On ne peut pas beaucoup parler – son anglais n’est pas très bon, mon français est encore pire – mais on s’entend très bien.

La plupart du temps, nous sommes à l’entraînement, en convalescence ou chez le physiothérapeute ; la chambre est donc principalement réservée au sommeil. J’ai aussi passé du temps avec Ethan Katzberg, le champion olympique et mondial canadien. Être entouré de gars comme lui me motive. Ça me rappelle ce qui est possible.
En dehors du cercle, je travaille dur sur mon application de lancers. Elle est actuellement en phase de test et j’espère publier la version bêta bientôt. Quand je suis en déplacement, j’en profite pour coder et corriger les erreurs. Donc, en ce moment, c’est le sport et l’application ; c’est toute ma vie.
Grand frère
Et puis il y a mon frère, Matt. J’étais fier de le voir concourir aux Championnats d’Europe d’athlétisme U20 à Tampere. Il a terminé 14e, manquant de peu la finale. Il est encore jeune et découvre sa technique, mais il a de puissants lancers.

On s’entraîne beaucoup ensemble et c’est une bonne collaboration. J’essaie de transmettre ce que j’ai appris, et il me pousse aussi. On est compétitifs, mais on se soutient. Je sais à quel point il est motivé, et je suis convaincu qu’il fera un grand pas en avant l’année prochaine.
Et voilà, me voilà. Un été chargé derrière moi, des débuts en Diamond League en perspective. Je sais que les supporters polonais feront le buzz, et j’ai hâte de les retrouver et de montrer de quoi je suis capable.
Source : European Athletics.

















