VOILE : Championnat du monde ILCA 7 – JB BERNAZ, sans frein
Ce vendredi commence le Championnat du Monde ILCA 7 (voile olympique) à Adélaïde en Australie.
Le Varois Jean-Baptiste Bernaz, champion du monde 2022, attaque cette épreuve clé en forme, et avec beaucoup d’envie. Entretien, à la veille de ce dernier grand rendez-vous avant les Jeux Olympiques cet été à Marseille.
Comment te sens-tu, à la veille de ce Championnat du Monde ?
« Je me sens bien et prêt. Je suis arrivé avec pas mal de stress en Australie il y a un mois, le 26 décembre. On n’a pas eu beaucoup de vent en Europe cet hiver, donc pas facile de travailler spécifiquement le vent fort et c’est plutôt ce qu’on va rencontrer sur ce championnat du monde. Je suis arrivé avec pas mal d’appréhension, sans savoir si trois semaines sur place suffiraient à combler ce manque. »
Comment t’es-tu préparé pour cette échéance ?
« On a mis la priorité sur la préparation physique et technique dans la brise. Le meilleur plateau mondial était présent, début janvier, pour le championnat d’Océanie. Mais on ne s’est pas du tout mis la pression sur le résultat (8e). Le seul objectif était de me refaire des jambes en béton et d’arriver à m’exprimer techniquement dans le vent fort, ce qui n’était vraiment pas facile. Les premières navigations, avec le jetlag en plus, je n’arrivais pas à aligner 5 minutes de rappel. Puis on a augmenté les temps au fur et à mesure et au final j’attaque le mondial hyper serein, sans m’être fait mal pour retrouver mon niveau. Mon préparateur physique, Olivier Pauly, est venu sur place 12 jours pour que mon corps soit prêt. Le rappel est un effort qui n’est pas du tout physiologique, dans une position qui ne fait pas du bien au corps, donc il y a toujours une grosse adaptation quand on commence à naviguer dans le vent fort. On est monté crescendo en puissance pour que je me sente prêt à naviguer aujourd’hui. Je ne sens pas de frein, à aucun endroit, et je me sens rapide !
Sur l’eau, on s’est beaucoup entrainé avec notre groupe d’entrainement habituel pour la technique et la vitesse. Puis on a fait des manches avec les autres concurrents qui se sont plutôt bien passées. 150 bateaux qui veulent naviguer les uns avec les autres, c’est un peu le feu ! »
Tu es donc prêt à gagner ?
« Il y a quelques jours, j’ai eu une discussion sympa avec Tom Burton (Or à Rio), un ancien adversaire et un pote, qui est maintenant en campagne olympique en 49er. Il me dit : _ Alors tu vas gagner ? Je lui réponds : _ Tu es capable de le dire avant toi quand tu vas gagner ? Et il me dit : _ Non, mais je suis capable de dire si je ne vais pas gagner. Eh bien je ne suis pas dans ce cas-là, je ne me sens en difficulté dans aucun domaine. Ça c’est le plus important. On est exactement là où on voulait être. »
Qui sont tes principaux concurrents ?
« Nous sommes au moins douze à pouvoir décrocher une médaille. Il y a six gars que je vais particulièrement surveiller : l’Australien Matthew Wearn (Or à Tokyo) et l’Anglais Mickael Becket, qui ont fait des podiums à toutes les régates l’année dernière. Mes potes de groupe Philipp Buhl (Allemagne), champion du monde 2020, et Hermann Tomasgaard (Norvège), médaille de bronze à Tokyo. Puis le Croate et le Chypriote qui sont hyper solides. Mais il y a aussi tous ceux qui peuvent d’ajouter à ça, qui sont super en forme et sur qui on va pouvoir compter. »
Ça fait 30 jours que tu es en Australie avec ton coach, comment ça se passe ?
« 30 jours ça commence à faire long mais on a un objectif bien précis pour lequel on a beaucoup travaillé, donc on est contents d’être là. Et puis on va voir passer les copains qui font le tour du monde sur l’ARKEA ULTIM CHALLENGE – Brest. Charles Caudrelier va passer à la longitude d’Adélaïde pour notre première journée de championnat je pense. C’est vraiment dommage pour Tom (Laperche) et Antho (Marchand), j’espère qu’ils vont pouvoir repartir. François (Gabart) m’a envoyé un message sympa pour me dire qu’ils étaient à fond avec moi pour le mondial, ça fait plaisir ! Et puis on a vu des kangourous, des koalas sauvages et même un brown snake au milieu d’une piste de vélo au mont Lofty… J’avoue j’ai flippé ! »
Tu as beaucoup évoqué l’importance des départs, comme un travail sans fin ?
« Je suis plutôt bien sur les départs en ce moment. C’est un sujet qui va être constant jusqu’à la fin, on ne va jamais arrêter de les travailler. C’est vraiment la garantie de faire un bon passage au vent, ce qui permet de sauver de l’énergie, donc c’est un gros sujet et je sens que c’est un sujet pour tout le monde d’ailleurs. On est toujours au taquet dessus. On essaye de hausser le ‘money time’, ce moment où tu crées ton latéral sous le vent pour pouvoir partir vite. Il faut s’écarter du concurrent qui est sous le vent, sachant que tout le monde veut faire ça donc forcément, tout le monde se tasse. Et en même temps, il faut savoir où tu es par rapport à ta ligne de départ et à quel moment tu dois lancer ton bateau. Ce sont des réglages assez fins sur des moments de prise de repères, sur des lancements, la rapidité de réglage. C’est dur de faire des départs parfaits mais on y travaille !
C’est important parce qu’il faut rajouter à ça la dimension risque, à savoir où je pars sur la ligne. Est-ce-que mon projet stratégique est très fort, moyen ou pas fort, est-ce-que je vais vite ou pas. En fonction de ça je choisis une zone de la ligne qui est plus ou moins avantagée. Mais on n’est pas les seuls donc plus c’est avantagé d’un côté de la ligne, plus il y va y avoir des morts à cet endroit-là, et plus il y a de gain à faire. Et à Marseille, il y a des chances qu’on se batte souvent pour un côté de la ligne de départ parce que le plan d’eau est bourré d’effets de site. Donc le bon départ sera la porte d’entrée vers le bon côté du plan d’eau. »
Il va se passer quoi dans ta tête demain matin ?
« Demain matin je vais me dire que je suis là pour tout casser, je suis chaud, j’ai envie de jouer. À force de me reposer pour ‘faire du jus’ comme on dit, je n’ai envie que d’une chose, c’est que ça commence !! J’ai le niveau d’énergie qui augmente et pas vraiment de crainte donc on va aller exploiter tout ça, je suis content ! »
PROGRAMME 26 – 28 janvier : qualifications (2 courses par jour)29 – 30 janvier : finales (2 courses par jour) // 3 groupes or/argent/bronzeMercredi 31 janvier : Medal Race A suivre sur le site : 2024ilca7men.ilca-worlds.org

















