AVIRON : Coupe du monde III -L’or suisse pour Hugo BEUREY et Ferdinand LUDWIG !
La médaille que tout rameur veut remporter, ils l’ont autour du cou : Hugo Beurey et Ferdinand Ludwig ont remporté la finale du deux de couple poids léger, se plaçant devant les Irlandais, tenants des titres olympique et mondial.
La dernière étape de coupe du monde est maintenant terminée pour le clan tricolore. Elle se solde par un bilan chiffré de deux médailles. Ce bilan doit toutefois être replacé dans un contexte de fin de cycle d’entraînement très intense, et les résultats plus globaux doivent être mis en perspective. Mais cette dernière journée a vu la consécration du deux de couple poids léger masculin, avec une performance de haute volée face à des adversaires aguerris et coutumiers d’autres places sur les podiums internationaux, mais les deux Français ont su les remettre à leur place du jour.
Le plateau était impressionnant en deux de couple poids léger masculin. Hugo Beurey et Ferdinand Ludwig allaient affronter les Irlandais, champions olympiques à Tokyo et du monde en titre depuis 2019, les Suisses, champions d’Europe et vainqueurs des deux précédentes étapes de la coupe du monde… Les Français, dont le début de saison a été perturbé par les blessures problèmes médicaux, n’avaient quant à eux pris part qu’à la deuxième étape de coupe du monde, à Varèse, et y avaient empoché l’argent. La marche était donc, face à une telle concurrence, très haute. Mais rien n’est impossible. Les Français sont partis très fort, comme ils savent si bien le faire, et ont pris les commandes de la course jusqu’au 1000 du milieu. Les Irlandais se sont emparés du leadership, suivis des Suisses, reléguant les tricolores à la troisième position.
C’est là encore dans le dernier 500, et surtout dans les derniers mètres avant la ligne, que tout s’est joué. 9 centièmes en faveur d’Hugo Beurey et Ferdinand Ludwig qui, au terme d’un fantastique finish, se sont emparé de l’or. « On ne savait pas si on était premiers ou deuxièmes », lance Ferdinand Ludwig avec le sourire. C’est sans pression sur les épaules que les deux rameurs avaient abordé Lucerne : « Ca fait plaisir de réussir à devancer ces concurrents-là. C’est une régate de travail avant d’entrer en stage terminal, poursuit Hugo Beurey. Aujourd’hui, on sentait qu’on avait plus de jus que vendredi et qu’on pouvait jouer quelque chose. Avec les Irlandais à côté, ça nous a incités à pousser dans le troisième 500, où on est moins bons. Quand on a vu dans les derniers 250 mètres qu’on n’était pas loin, on a remis un coup ». Des parcours qui vont servir pour la suite de la saison, avec Belgrade et la qualification pour Paris 2024 en ligne de mire. « Ils ont mis le bateau champion olympique derrière eux, lance le directeur technique national Sébastien Vieilledent, on ne peut qu’être contents de leur parcours ».
Même plateau en deux de couple poids léger féminin : les championnes d’Europe et du monde en titre, les vice-championnes d’Europe, des médaillées mondiales et continentales… Bref, Laura Tarantola et Claire Bové avaient face à elles de sérieuses et solides concurrentes. Et le déroulé de la course en a fait la preuve : si les Britanniques ont laissé penser aux Grecques qu’elles pouvaient s’emparer de l’or, cela n’aura duré que 500 mètres avant qu’elles ne lâchent les chevaux. Dans les derniers 500 mètres, hormis le leadership qui était indiscutable, les cartes ont été rebattues pour le reste du podium. Trois bateaux se sont affrontés en bord à bord pour l’argent et le bronze. Les Roumaines ont décroché la deuxième place, suivies… des Grecques. Laura Tarantola et Claire Bové finissent au pied du podium pour 9 centièmes de seconde. Preuve, s’il en fallait encore, que la catégorie est de plus en plus dense à l’approche de ses derniers Jeux olympiques. « On est contents de ce qu’elles ont réalisé à Lucerne, note le DTN, dans un contexte de fatigue et sans être en pleine possession de leurs moyens, elles ont su chercher les ressources psychologiques nécessaires pour enchaîner les parcours ».
La finale A du quatre sans barreur masculin a conclu la journée des Français à Lucerne. Dans la course, les Britanniques invaincus cette saison, les Australiens champions olympiques à Tokyo et argentés à Varèse… Là encore, la barre était haute. Thibaud Turlan, Guillaume Turlan, Benoît Brunet et Téo Rayet n’ont pas pu s’accrocher au wagon de tête qui s’est dessiné et entériné après la mi-parcours (les Britanniques, les Australiens et les Néo-Zélandais). Ils ont terminé à la sixième place de la finale. « Ce bateau est issu du système mis en place, cette saison. Il a déjà trois finales A internationales à son actif. Ils sont à leur niveau, il leur manque encore ce cran à prendre en finale pour prendre part à la course, mais il est sur une belle dynamique ».
Valentin Onfroy et Hugo Boucheron étaient très bien partis dans la finale B du deux de couple masculin, menant les débats jusqu’au passage des 1500 mètres de course, mais dans le dernier quart, les Moldaves – qui avaient créé la surprise l’an dernier à Racice et terminé à la cinquième place – ont repris l’avantage et pris la première place. Les Bleus finissent quant à eux deuxièmes.
Audrey Feutrie, Hélène Lefebvre, Violaine Aernoudts et Jeanne Roche avaient contre elles, en finale B du quatre de couple, du beau monde comme les Australiennes médaillées de bronze à Tokyo… Cinquièmes après 500 mètres de course, elles ont entamé une belle remontée pour franchir la ligne en troisième position, reprenant au passage l’avantage sur les Polonaises puis les Tchèques.
Le deux de couple féminin n’a pas pu prendre part à sa finale B en début de matinée, Emma Lunatti ayant dû déclarer forfait pour raison médicale.
Sur les deux doubles TC, le DTN est rassurant. « L’objectif est de voir si avec un remplaçant, on est en capacité de valider la qualification ; il manque des bateaux, mais on y est. On ne peut pas attendre, la meilleure défense reste l’attaque. On anticipe, on garde la main. De course en course, ils trouvent de nouvelles choses. Hugo a appris sur cette régate, il a pris la nage, et on peut féliciter Valentin dans l’attitude, sur le plan technique et la combativité. Pour le double féminin, on n’a pas pu courir la finale B, mais Emma et Margaux sont dans le jeu. Elles ont fait troisièmes à Varèse, ça a donné de la confiance, mais elles sont là où elles doivent être par rapport à l’objectif ». Sébastien Vieilledent est également revenu sur les performances des skiffs poids légers hier, en finales A : « Baptiste a été impérial, Aurélie l’a été à Varèse, là elle était dans l’objectif. C’est un week-end réussi pour eux. En plus, ils font du bien au groupe, ils amènent du plaisir. Ils seront à Belgrade avec un double objectif : leur performance et se préparer aussi au double, la qualification passant avant tout ».
Pour les autres embarcations, le bilan est plus global. « Ce sont des projets, mais forcé est de constater qu’il n’y a pas de résultats probants pour accrocher quelque chose en l’état, on va se remobiliser pour aller chercher des opportunités ».
Les objectifs restent clairs pour les mondiaux : deux médailles, cinq coques qualifiées. « On a eu 2 médailles ici, contre 5 à Varèse, mais si l’on regarde au-delà de ces chiffres, en tenant compte du contexte de fin de cycle très intense, c’est un week-end réussi, on est dans les clous ». Après quelques jours d’entraînement consacrés à la récupération active, les athlètes de l’équipe de France vont débuter leur stage terminal le 17 juillet sur les pôles France, avant de se retrouver le 24 juillet à Libourne.

















