VOILE : Les Sables – Horta – Les Sables – Au ralenti avant de mettre les gaz !
Partis hier en tout début d’après-midi de Port Olona, les seize duos de la 9e édition de la Les Sables – Horta – Les Sables ont connu une première nuit en mer plutôt très agréable malgré un flux de nord-est assez instable et de nombreuses algues avant de nettement ralentir la foulée ce matin.
Et pour cause, comme annoncé, ils n’ont pas d’autre choix que de traverser la dorsale anticyclonique plantée au beau milieu du golfe de Gascogne. Reste que si c’est à petits pas qu’ils progressent actuellement, tous sont pleinement concentrés sur leurs réglages et à la recherche de la meilleure trajectoire pour être ensuite les premiers à récupérer du vent à l’approche un front. Un front à l’arrière duquel, dans la soirée, ils vont franchement accélérer la cadence. Dès lors, la vitesse aura la part belle et des records ne sont pas à exclure !
« Cette première nuit s’est déroulée dans de belles conditions. On a même eu un peu plus de pression que prévu mais depuis ce matin, le vent a molli complètement. On savait que le passage de la dorsale, aujourd’hui, serait délicat. On est en plein dedans. On barre beaucoup et on reste concentrés », a commenté Alberto Bona (IBSA) dans la matinée, peu après avoir chipé les commandes de la flotte au duo Achille Nebout et Gildas Mahé (Amarris). « On est contents de notre place mais aussi et surtout de notre positionnement, le but étant de réussir à attraper le nouveau vent d’ouest sud-ouest en premier », a ajouté le navigateur italien qui évolue juste au-dessus de la route directe dans un paquet de neuf bateaux qui se tiennent en moins de dix milles après 24 heures de course.
« La flotte est très regroupée et tout reste à faire », a confirmé Achille Nebout, alors au coude à coude avec la paire Fabien Delahaye – Corentin Douguet (Legallais). « On se creuse la tête pour négocier au mieux le passage de cette dorsale anticyclonique et le front qui arrive derrière la nuit prochaine. Dans l’immédiat, le vent est très instable et il y a de la houle. Ce n’est pas simple de faire avancer le bateau. La donne va totalement changer dès la nuit prochaine, avec des conditions plus engagées. On réfléchit d’ailleurs déjà au choix de voiles », a relaté le récent vainqueur de l’ArMen Race. Plus que 428,82 milles ? De fait, si, pour l’heure, lui et ses concurrents mangent leur pain noir dans la molle, au milieu du golfe de Gascogne, à partir de 19 ou 20 heures, le rythme va radialement changer avec le passage annoncé d’un front. Un phénomène à l’arrière duquel les marins vont alors composer avec un flux de nord plutôt consistant. Un vent soufflant entre 20 et 25 nœuds avec des rafales à 28 qui devrait se maintenir jusqu’à vendredi matin et leur permettre d’allonger grandement la foulée. « On se prépare à monter dans le tobogan et à attaquer une longue glissade au nord du cap Ortegal », a annoncé Mikaël Mergui (Centrakor), le tenant du titre avec Antoine Carpentier, qui se réjouit de la perspective de naviguer poignée dans le coin pendant au moins 24 heures.
« Si la mer n’est pas trop courte, on va certainement remettre le record de distance sur une journée en Class 40 en jeu », a ajouté le sudiste qui s’attend à tenir de très hautes vitesses. Pour mémoire, ce fameux record a été établi lors de cette même course, entre les Açores et la Vendée, par le tandem Ian Lipinski et Ambrogio Beccaria. Les deux hommes de Crédit Mutuel avaient alors aligné 428,82 milles à la vitesse moyenne de 17,90 nœuds. Cette performance sera-t-elle battue ? Réponse avant le début du week-end donc. En attendant, chacun continue de tirer au mieux son épingle du jeu dans les petits airs au sein d’une flotte qui s’étale sur près de 70 milles en latéral et presque 50 milles de long.

















