MONTAGNE : Marion GOUWY (Peyragudes) voit le monde différemment en contemplant la vallée pyrénéenne
Marion GOUWY (Peyragudes) : »Les montagnes qui m’entourent possèdent des pouvoirs inestimables et insoupçonnés ».
Elle ajoute : Elles ont changé ma vie. Quand j’ai découvert Peyragudes, j’ai commencé à voir le monde différemment en contemplant cette vallée pyrénéenne sauvage qui contrastait parfaitement avec ma ville natale, Toulouse.
Actuellement, je travaille comme architecte à Toulouse du lundi au vendredi. Je suis à Peyragudes le week-end mais la station a toujours une grande influence sur ma semaine de travail. J’envisage les bâtiments comme des montagnes. Je pense aux façons d’intégrer des éléments naturels avec lesquels j’ai une affinité particulière à mes conceptions architecturales. J’utilise des matières premières locales telles que la pierre pour que mes bâtiments s’inscrivent dans le temps. Je suis inspiré par la permanence des montagnes, le sentiment qu’elles auront une existence éternelle.
J’ai commencé le snowboard à Peyragudes à l’âge de 15 ans. Ce fut l’une de mes premières expériences en montagne et une façon idéale d’explorer et d’apprécier pleinement la beauté de la région. Durant ces premières années, j’ai participé à des compétitions internationales en boardercross, puis en slopestyle, ce qui m’a permis de parcourir le monde. Maintenant, quand je fais du snowboard, je préfère chercher des sauts naturels dans la poudreuse.
Je ne peux pas regarder ces montagnes sans dessiner mentalement sur celles-ci les lignes que je voudrais faire en freeride. Je les divise en sections comme si je travaillais sur un plan architectural complexe.
Ma face préférée est la face nord du Cap des Hittes. Elle est située en face de ma maison et j’y ai fait mes premières armes en freeride. Il est facile d’y accéder depuis Peyragudes et la neige y est si bonne. La saison hivernale est officiellement lancée quand il est possible de skier sur cette face. Donc dès le mois d’octobre, je ne peux la quitter des yeux en attendant.
Au top de ma carrière de snowbaordeuse professionnelle, j’ai eu une grave blessure qui m’a obligé à m’arrêter quelques temps. J’ai dû apprendre à aimer les montagnes d’une manière différente et à y être différemment active, ce qui m’a conduit au parapente.
Voler seule avec juste un petit bout de tissu et quelques cordes m’a donné une perspective différente des montagnes environnantes. J’ai découvert l’air, le vent et tous les mouvements invisibles qui nous entourent. Tout un monde dont je n’avais jamais entendu parler.
Techniquement, le parapente ne nourrit pas ma pratique du snowboard. Mais psychologiquement, cela m’aide beaucoup. J’apprends à gérer le stress et à pratiquer l’auto-analyse, ce qui est très utile pour les compétitions de snowboard et pour gérer ma progression tout au long de l’hiver.
Les habitants des Pyrénées sont géniaux. Bien sûr, ils ont ce tempérament latin expressif, mais ils sont aussi chaleureux et vraiment fiers de leurs montagnes.
Peyragudes donne le rythme de ma vie et me fournit l’équilibre dont j’ai besoin. Les aventures en plein air que je vis ici sont comme une respiration. J’en ai besoin pour vivre. J’ai besoin de glisser sur les pentes enneigées, de survoler les sommets, d’explorer les forêts et de passer du temps avec des amis d’ici, aussi souvent que je peux.
J’ai beaucoup d’humilité et même d’affection pour la météo en montagne, que je célèbre au quotidien tant la vie sur place en dépend. Lorsque le ciel décide qu’il est impossible de monter à cheval, de rider ou de faire de la randonnée, je regarde les montagnes par la fenêtre depuis le confort de mon intérieur. Mes montagnes locales sont ma télévision et l’émission est toujours incroyable.
















