VOILE : Championnat du Monde ILCA 7, passer du top 5 à la victoire !
Objectif majeur de cette saison 2022, le Championnat du Monde ILCA 7 (ex Laser Standard) aura lieu la semaine prochaine à Riviera Nayarit au Mexique.
Un plan d’eau que le Lasériste maximois Jean-Baptiste Bernaz apprécie pour y avoir décroché le titre de vice-champion du monde en 2016. Contraint à l’abandon sur la première étape de coupe du monde à Palma alors qu’il était en tête du classement après 6 courses, et déçu de sa 10e place sur la Semaine Olympique Française de Hyères en avril, JB est d’autant plus déterminé à décrocher une nouvelle médaille sur ce mondial. Une épreuve importante sur la route des Jeux Olympiques de Paris 2024. Entretien.
Tu te prépares pour une cinquième participation aux Jeux Olympiques à Marseille en 2024. Comment abordes-tu ce championnat du monde à deux ans de la grande échéance ?
« Depuis 2006, j’ai participé à tous les championnats du monde de Laser, sauf en 2012 et en 2021. Comme à chaque fois depuis 2008, c’est clairement l’objectif de la saison. Je pense que ces trois derniers mois on a fait ce qu’il fallait pour s’y préparer avec mon coach Nicolas Le Berre. J’ai eu un petit contre-temps en avril car je suis tombé malade lors de la World Cup de Palma, mais pense avoir réussi à combler le retard. Ça fait partie des aléas de la vie de sportif, comme dans tous les domaines, il faut savoir s’adapter aux imprévus. On n’a pas eu beaucoup de temps pour se préparer depuis la reprise après le break à la suite des JO de Tokyo mais tout a l’air dans les clous pour viser une victoire sur ce mondial. »
127 inscrits, 45 pays représentés… Comme toujours, il va y avoir beaucoup de monde sur les lignes de départ de ce championnat du monde de Laser (ILCA 7). Comment expliques-tu un tel succès et qu’est-ce-qui te plait dans cette série ?
« Le Laser est une série qui est hyper compétitive parce que ça ne coûte pas beaucoup d’argent et que le bateau est super simple donc propice à voir l’émergence de jeunes. Une autre particularité importante du Laser est qu’on nous fournit les bateaux pour les championnats du monde et pour les JO. Ils sont distribués selon un tirage au sort donc ça nous oblige à nous adapter à chaque épreuve. Développer du matériel n’a donc aucun intérêt. Tout le monde a le même bateau, ce qui rend la compétition encore plus attrayante parce qu’on a la certitude de se battre à armes égales avec les autres. C’est le meilleur qui gagne et puis c’est tout. C’est super stimulant ! Ce qui très excitant aussi avec ce bateau c’est qu’on est 130 participants au mondial. C’est un bateau qui est pratiqué dans le monde entier et qui parle à tout le monde. Ça permet l’émergence de nouveaux talents. Ce n’est pas une série qui est bloquée par l’argent ou le matériel. »
Tu parles de l’émergence de jeunes talents. Tu as toi-même « performé » très tôt : 8e aux JO de Pékin à 21 ans seulement, 7e au mondial 2010 à 23 ans… C’était tôt dans ta carrière ?
« Quand un jeune a du talent en Laser, il commence à jouer avec les meilleurs dès ses 20 ans. Je pense au chypriote Pavlos Kontides qui a eu une médaille à 22 ans à Londres. Matthew Wearn (médaille d’or à Tokyo) doit avoir 26 ans et ça fait 6 ans qu’il est dans le top 3 mondial. Philipp Buhl (32 ans, 5e à Tokyo, champion du monde 2020) a fait des podiums très jeune aussi. Ceux avec qui je me bats aujourd’hui ont tous été solides assez tôt. Ce sont les derniers millimètres qui sont difficiles à gagner. Le top 10 est assez consistant avec rarement le même qui gagne tout le temps. Ça se joue sur du détail, du mental, de la confiance, une bonne préparation, avoir son pic de forme au bon moment. Il n’y a pas un coureur qui survole vraiment la discipline. C’est tout l’enjeu de ma préparation en ce moment : passer du top 5 à la victoire. Et ça, ça demande du temps. »
Te maintenir dans le top 10 / top 5 mondial est donc déjà une performance en soi. Cela demande un travail de tous les instants ?
« Je suis sur l’eau 250 à 300 jours par an, tous supports confondus. En vieillissant, j’essaye de diversifier les pratiques mais je fais un minimum de 130 jours en Laser. A cela il faut rajouter la musculation et la préparation physique au quotidien et bien sûr l’hygiène de vie qui doit être irréprochable. On a un dicton qui dit que lorsqu’on n’avance pas, on recule et on se fait doubler. La progression doit être perpétuelle, sinon on régresse. Le champion du monde aujourd’hui ne sera pas forcément champion du monde demain. C’est d’autant plus vrai qu’il y a 130 Laséristes qui le chassent. Continuer à naviguer à ce niveau-là est déjà un défi. »
Quels sont les points sur lesquels tu travailles pour continuer à progresser et décrocher cette médaille d’or après laquelle tu cours depuis si longtemps ?
« Chacun a des préférences dans son jeu. Globalement, ma force est d’être rapide dans toutes les conditions. Et les départs sont mon point faible donc on essaye de mettre l’accent dessus. Pour ça, il y a plein de pistes : travailler sur la confiance, être bien calé sur la routine de préparation, savoir quand mettre du risque et quand ne pas en mettre, être bien sûr de soi au niveau technique… Il y a beaucoup d’aspects sur un départ. Ensuite, il ne faut pas oublier que pour être dans le top 5 chaque année, c’est un boulot de tous les instants. Si je ne m’entrainais que sur les départs toute l’année, je ne serai pas dans les premiers. Garder ce qui existe déjà, se maintenir au niveau est déjà très compliqué à mettre en œuvre et très prenant. Et une fois qu’on a ce niveau pour jouer devant avec ses points forts, il faut aller titiller ses points faibles sur le temps qui nous reste. Concrètement, je ne passe pas assez souvent la première marque de parcours en bonne position et je me rattrape en remontant la flotte au portant. Mais je ne gagne pas ces manches-là… Donc il faut que je prenne de meilleurs départs ! »
Tu es au Mexique depuis une semaine. Peux-tu nous faire une petite carte postale et nous décrire le plan d’eau de Riviera Nayarit ?
« Il fait très très chaud à Riviera Nayarit, 30°C et humide, mais c’est un petit paradis, avec des palmiers et une grande plage de sable. Du vent thermique se lève tous les jours assez fort, entre 8 et 20 nœuds. C’est plutôt un plan d’eau physique. J’adore ces conditions. On a pu s’acclimater et se préparer, maintenant on a tous les crocs et hâte que ça commence ! La dernière fois que je suis venu, en 2016, j’ai décroché une jolie médaille d’argent. C’est un terrain de jeu qui me plait, j’ai très envie de ramener une nouvelle médaille, au moins aussi belle sinon mieux !! »
PROGRAMME
CHAMPIONNAT DU MONDE ILCA 7 I Nuevo Vallarta, Riviera Nayarit, Mexique
23-25 mai : 2 courses par jour / qualifications
26-28 mai : 2 courses par jour / finales
Site internet : 2022ilca7men.ilca-worlds.org
















