VOILE : Transat Jacques Vabre – Class40 Redman, Antoine CARPENTIER et Pablo SANTURDE del ARCO, en tête et entêtés
Après un départ canon et un passage en tête à Etretat, le duo Antoine Carpentier – Pablo Santurde del Arco compose, les premiers jours de course, avec les méandres de la pétole couplée aux forts courants.
Descendus dans le bas du classement, c’est avec patience et détermination, au terme d’une incroyable remontée, qu’ils reprennent la tête de la flotte au 6ème jour de course et, depuis, maintiennent la cadence. Après une négociation rondement menée au passage des Canaries, le duo franco espagnol, déterminé et reposé, s’apprête à affronter le vent faiblissant en approche du Cap Vert. Retour sur une première semaine de course, riche en émotions et rebondissements.
Dimanche, lundi, mardi : un départ au top et le début de la pétole
Après un départ aux avant-postes, les Redmen contournent en tête la première marque de parcours mais, les heures suivantes, le vent tombe et ils perdent rapidement des places au classement. En sus de vents faiblards et erratiques, conditions plutôt inhabituelles pour un départ de Transat Jacques Vabre, ils doivent composer avec de forts courants et un coefficient de marée supérieur à 100. « C’est dur de se faire déposer en vitesse par des bateaux qui ont parfois plus de douze ans ! », partage Antoine, conscient que son Mach40.4 est friand des vents plus soutenus.
Les jours suivants, Antoine et Pablo s’arment de patience et règlent non stop leur monture. La dorsale anticyclonique ne les épargne pas. Antoine confie : « Le vent est d’une instabilité déconcertante, que ce soit en force et en direction, ce qui nous met à rude épreuve ! ». Après le calvaire en Manche dans la pétole, les courants et des marches arrières, les Redmen parviennent à se hisser dans le top ten à l’entrée d’Ouessant même si, après une option non payante à l’Est, ils dégringolent à la 31ème place, avec près de 60 milles de retard sur le leader.
Mercredi, jeudi, vendredi : la remontée jusqu’à la première place
Avec le retour de la brise d’Est, dans la descente du Golfe de Gascogne, ils sortent leurs armes, le gennaker est envoyé et ils marchent, à nouveau, 20% plus vite que la flotte. La remontada est enclenchée et, toutes les heures, un à deux concurrents sont passés, ils se retrouvent 11èmes, avec 25 milles repris sur le leader. Le rythme infernal est conservé, le bateau retrouve enfin ses conditions favorites.
En approche de la Corogne, le duo continue sa progression au classement. « Le Golfe de Gascogne aura vite défilé et ce, dans un confort absolu, on n’a même pas mis les cirés, pas une goutte sur le pont, ni de pluie. Que du bonheur », résume, enjoué, le Trinitain.
En descendant le long des côtes portugaises, la trace du bolide bleu est magistrale, le duo enchaînant les empannages à la perfection, jusqu’à se hisser à la 3ème place.
Samedi, dimanche, lundi. Redman, leader des Class40
Après 24 heures riches en manoeuvres et en émotions, au large de Madère, les Redmen reprennent enfin la tête, jouissant de conditions idéales pour leur plan Manuard. « C’est une belle récompense pour nous après avoir produit beaucoup d’efforts à la barre et en multipliant les empannages ».
Le répit s’avère de courte durée puisqu’en approche des Canaries, les conditions météo évoluent à nouveau et la bataille pour la tête de flotte est relancée. Après un recalage à l’Ouest qui leur fait perdre la tête pendant 6 heures, Antoine et Pablo redeviennent leaders et négocient admirablement le passage des Iles Canaries, creusant même, les heures suivantes, un faible écart avec leurs concurrents. Les bonhommes en profitent pour faire le plein de sommeil et s’envoyer des fleurs, à l’instar d’Antoine, ravi de son co-skipper : « Mon Pablo, mon précieux, c’est le choix du coeur mais aussi celui de la performance et du dévouement ».
A l’heure actuelle, la cadence est, une fois encore, ralentie en approche du Cap Vert et à bord de Redman, les skippers le savent, rien n’est joué d’avance et le chemin jusqu’à l’arrivée est encore long. Suspense quand tu nous tient…















