VOILE : Mini Transat EuroChef – Les Canaries désormais dans le rétroviseur
Partis hier en milieu d’après-midi de Santa Cruz de La Palma pour rejoindre Saint-François, les concurrents de la Mini Transat EuroChef ont connu des premiers milles délicats.
Les uns et les autres ont, en effet, dû composer au mieux avec les dévents des îles Canariennes mais aussi de nombreuses zones de molles. A ce petit jeu, certains ont évidemment mieux tiré leur épingle que d’autres. Pour preuve, ce samedi, après seulement 24 heures de course, la flotte s’étire déjà sur plus de 35 milles. La bonne nouvelle c’est que désormais, l’ensemble des solitaires est parvenu à s’extraire de l’archipel espagnol et a retrouvé un flux de nord-est d’une petite quinzaine de nœuds. La mauvaise, c’est que l’Espagnole Pilar (240 – Gemese – Peter Punk), victime de soucis de pilote automatique, et Tanguy Aulanier (896 – La Chaîne de l’Espoir), dont l’étrave a été lourdement endommagée lors d’une collision peu après le départ, ont officiellement abandonné l’épreuve.
Comme on s’y attendait, l’entrée en matière de cette deuxième étape de la Mini Transat EuroChef a été délicate pour les 85 concurrents toujours en lice. Entre les dévents des îles (en particulier celui de Ténérife dont le point culminant s’élève à 3 715 mètres), mais aussi les petits airs erratiques et de nombreuses zones de molles, les solitaires ont dû faire preuve de concentration et d’opportunisme tout en restant focalisés sur les réglages de leurs montures pour se faufiler au mieux dans le canal entre la Gomera et El Hierro, et ainsi gagner vers le sud le plus rapidement possible. Si tous ont finalement réussi à s’extraire sans jamais vraiment s’arrêter, certains s’en sont cependant nettement mieux sortis que d’autres. Chez les Proto, Fabio Muzzolini (945 – Tartine sans Beurre) notamment, a impeccablement tracé sa route en choisissant de contourner un peu plus largement El Hierro que ses adversaires directs. Ce samedi, il pointe en tête avec 0,6 mille d’avance sur Tanguy Bouroullec (969 – Tollec MP/Pogo), l’actuel leader au classement général, et plus de 2 milles sur la triplette Irina Gracheva (800 – Path) – Sébastien Pebelier (787 – Decosail) – François Champion (950 – Porsche Taycan).
Bientôt en mode « escalier »
Chez les Série, Léo Debiesse, toujours très à l’aise dans les petits airs et dans les phases de transition, a confirmé sa réputation. Cet après-midi, le skipper des Alphas trotte en tête avec un bonus de 2,8 milles sur Julie Simon (963 – Dynamips), de 3,5 milles sur Chloé Le Bars (1007 – Association MJ pour l’Enfance) et de plus de 5 milles sur le peloton. Un peloton qui, on l’a dit, s’étire sur plus de 35 milles et s’étale sur la même distance en latéral, certains concurrents, à l’image de Valentin Foucher (990 – Mini Chorus – CARE BTP) ou de l’Espagnol Miguel Rondon (1006 – Kristina II) ayant pris le parti de se démarquer dans l’Est pour tenter de se refaire après avoir subi davantage de dévents que leurs rivaux la nuit dernière. Option payante ? Rien n’est moins sûr. Et pour cause, le salut semble se trouver de l’autre côté car, sur zone, le vent est courbe. De ce fait, plonger au sud promet, certes, de s’assurer de toucher davantage de pression, mais le fait de chercher à se décaler dans l’Ouest va garantir une route plus courte. C’est pour cette raison que dans les heures qui viennent (à partir de ce soir normalement), les Ministes vont commencer à enchaîner les empannages et ainsi descendre « en escalier ». Si le schéma de la course demeure assez simple sur le papier, sur l’eau, les marins vont toutefois devoir réussir à exploiter au mieux les nombreuses petites variations du vent tout en trouvant le meilleur compromis entre aller vite et ne pas trop rallonger la distance.
Deux nouveaux abandons
De leurs côtés, Pilar Pasanau et Tanguy Aulanier sont malheureusement loin de ces préoccupations. La première, confrontée à des problèmes de pilote automatique mais aussi à des maux de dos, a en effet décidé de jeter l’éponge hier soir. L’Espagnole, qui signait cette année sa quatrième participation à l’épreuve, est évidemment extrêmement déçue de voir écourter sa course. Il en est de même pour le skipper de La Chaîne de l’Espoir dont l’Ofcet 6.50 entré en collision avec Camille Bertel (900 – Cap Ingelec) hier dans la phase du départ. Son étrave est bien endommagée et s’il a, dans un premier temps, essayé de réparer, l’ingénieur a été contraint de se rendre à l’évidence puis d’abandonner lui aussi.
















