TRIATHLON : Alexis HANQUINQUANT, champion paralympique par K.O., Annouck CURZILLAT et sa guide Céline BOUSREZ, en bronze !
Alexis Hanquinquant est devenu samedi à Tokyo le premier champion paralympique français de para triathlon.
Grand favori de sa course, le Normand a parfaitement répondu présent et réalisé une démonstration pour aller se parer d’or. Exploit également d’Annouck Curzillat et sa guide Céline Bousrez qui décrochent la médaille de bronze au terme d’une dernière ligne droite d’anthologie.
CHAMPION PARALYMPIQUE PAR K.O
Des cris qui résonnent tout au long de la dernière ligne droite sur ce tapis bleu, des baisers envoyés aux spectateurs, le drapeau tricolore brandi vers le ciel et les poings serrés, Alexis Hanquinquant peut enfin arracher rageusement la banderole d’arrivée du triathlon paralympique de Tokyo. Une libération au terme d’une démonstration de force. À 35 ans, le Normand a survolé son épreuve (catégorie PTS4) et offert au triathlon français sa première médaille d’or dans un événement olympique ou paralympique, après le bronze de Gwladys Lemoussu en para triathlon à Rio et le bronze du Relais mixte décroché cet été à Tokyo par Léonie Périault, Dorian Coninx, Cassandre Beaugrand et Vincent Luis.
Dans ces Jeux paralympiques de Tokyo, il apporte à la France sa troisième médaille d’or (11e médaille au total) après les deux titres conquis en cyclisme sur piste. Un succès attendu certes tant le Normand (il est basé à Yvetot), entraîné par Nicolas Pouleau depuis 5 ans, a dominé sa catégorie lors de ces dernières années avec, en 2017, 2018 et 2019, les titres de champion du monde et de champion d’Europe (pas de championnat en 2020). Mais samedi, le Tricolore a su ajouter la manière et signer un véritable récital du début à la fin de la course.
Avec déjà 57 secondes d’avance à la sortie de la première transition sur le Britannique Taylor, puis 1’55’’ à l’issue du premier des quatre tours de la partie cycliste, Hanquinquant n’a pas laissé le moindre espoir à ses adversaires. « Mon plus gros rival, c’est moi-même si je veux trop en faire, avait-il confié lors d’un entretien réalisé au Club France quelques jours avant la course. Je me sais scruté par mes concurrents. Je ne peux pas me cacher. En étant triple champion du monde et triple champion d’Europe, je ne peux pas arriver sur la pointe des pieds… ou plutôt de la prothèse. Ils sont là pour me croquer mais je ne vais pas me laisser croquer. » Ses adversaires n’en ont jamais eu l’opportunité. Au moment d’attaquer les 5 km de course à pied, le Français affichait ainsi une avance de 2’58’’ sur l’Espagnol Sanchez Palomero. Plus que confortable pour le sociétaire de Rouen Triathlon dont le point fort est… la course à pied (il est capable de courir un 10 km en 34’). Malgré une glissade sur un demi-tour qui le fit chuter, Alexis n’a ensuite cessé d’augmenter son avance jusqu’à la porter au final à 3’47’’ sur le Japonais Uda. Le tout en se permettant de saluer le public sur le dernier kilomètre. Époustouflant !
DÉCLARATIONS DE ALEXIS HANQUINQUANT
Alexis Hanquinquant : « Le plan s’est passé à la perfection, a confié à chaud le nouveau champion paralympique. J’avais établi plusieurs stratégies mais dès la natation j’ai compris que la meilleure stratégie c’était d’attaquer. L’Anglais fait partie des meilleurs nageurs. Je suis parti dans ses pieds et un peu avant la première bouée, je ne me suis pas pris la tête et je suis passé. J’étais étonné de ne plus le sentir derrière moi et je me suis dit que c’était un bon jour pour moi et du coup j’ai appuyé les appuis. Sans en mettre trop car l’eau était à 30°. A la sortie de l’eau, quand on m’annonce l’écart, je me dis que c’est vraiment un bon jour. Même si c’est trop tôt pour savourer, c’est déjà une bonne chose. Le vélo était un peu technique avec deux trois chicanes dangereuses. Donc pas de prise de risque. J’ai fais un bon vélo. Quand je pose le vélo, je comprends que ça sent bon car avec plus de 2’30 d’avance sachant que je fais partie des meilleurs coureurs, c’était bien engagé. Dans le dernier tour, j’ai remercié tout le public japonais présent car on leur devait bien ça. La dernière ligne droite, j’ai pensé à tous les triathlètes français qui m’ont envoyé beaucoup de messages, à mes supporters. J’ai beaucoup de gens qui me soutiennent et je les remercie. Et bien sûr cette victoire, je la dédie à ma femme et mes enfants car c’est un travail de tous les jours. Il y a beaucoup d’absences avec les stages, les entraînements. On n’arrive pas à ce niveau sans rien. Il y a eu beaucoup de boulot. » Du boulot prolongé d’un an en raison de la pandémie. « J’avais d’abord vécu le report des Jeux comme quelque chose de très négatif car j’étais prêt et j’avais hâte d’en découdre. Mais finalement ça m’a permis de mettre d’autres choses en place dans ma prépa comme par exemple des séances en thermo-room. Et finalement j’étais plus fort en 2021 qu’en 2020. » Un constat partagé par Nicolas Becker, entraîneur national para-triathlon. « C’est du Alexis taille patron. Il est vraiment au-dessus. Il a parfaitement mené sa barque et n’a fait aucune erreur de préparation. Il ne s’est jamais reposé sur ses lauriers. Il a continué à progresser alors qu’il domine largement sa catégorie depuis plusieurs années. Il faut aussi souligner la qualité de sa course aujourd’hui. Même s’il a donné l’impression de contrôler, ses chronos sont très très bons. Il a vraiment réalisé une très grosse performance. »
Le temps de savourer et Alexis parle déjà de son prochain objectif, dans trois ans à Paris. « Ce titre est la concrétisation d’un gros cycle de 5 ans de préparation, dit-il. Je vais savourer mais aussi me projeter. Paris va arriver vite. J’ai à cœur d’y être encore compétitif. Un peu de repos et on repartira au front. »

















