ESCRIME : Derniers billets à saisir pour les Jeux olympiques de Tokyo 2021
Privées de compétitions depuis mars 2020 en raison de la crise sanitaire, les équipes de France d’escrime retrouvent les pistes internationales lors des trois prochaines semaines.
L’enjeu sera de taille pour les sabreurs hommes et les épéistes dames, les deux dernières équipes tricolores encore à la quête de leur billet pour les Jeux Olympiques de Tokyo.
Enfin ! Un an après l’arrêt des compétitions internationales suite à la crise sanitaire, les pistes d’escrime vont à nouveau vibrer à Budapest (coupe du monde sabre), Kazan (coupe du monde épée) et Doha (Grand Prix fleuret). Ces trois tournois constitueront la dernière opportunité pour décrocher une qualification par équipe aux prochains Jeux olympiques de Tokyo (23 juillet – 8 août 2021) où, pour la première fois dans l’histoire des Jeux, les six épreuves par équipe seront disputées (jusqu’à présent, un système de rotation par arme retirait à chaque édition deux épreuves par équipe). L’enjeu sera donc de taille puisque la qualification d’une équipe assure la présence de trois tireurs dans le tableau individuel contre un seul en cas de non qualification.
A Budapest, du 11 au 14 mars, si les sabreuses tricolores ont déjà décroché leur billet pour Tokyo, les hommes joueront leur destin olympique. « Nous étions très mal partis pour cette qualification mais la victoire à Varsovie en février 2020 nous a remis dedans, explique Jean-François Daurelle, entraîneur national au sabre. La crise a cassé cette spirale, mais tout est encore possible. A Budapest, il faudra terminer devant la Russie qui nous devance de 4 points. » Un objectif auquel il veut croire. « Je suis très content de ce qu’on a fait pendant cette année malgré la situation, poursuit-il. Nous partons sereins avec beaucoup d’envie et de détermination. Nous avons pris le parti de vouloir progresser dans notre escrime et je crois que nous l’avons réalisé. Mais l’entraînement est très différent de la compétition où il y a beaucoup de stress à gérer. Surtout quand il y a une sélection olympique en jeu et des conditions très particulières avec une bulle à respecter, des gens masqués etc. Mais on ne va pas se cacher derrière ça. »
La Coupe du monde d’épée de Kazan (Russie), du 19 au 23 mars, constituera la dernière chance pour les épéistes dames de rejoindre les hommes, premiers au classement mondial et déjà assurés d’aller à Tokyo défendre le titre olympique conquis à Rio. La tâche des Françaises sera particulièrement ardue. « Nous n’avons pas entièrement notre destin entre nos mains, confie Jean-François Martino, entraîneur national épée dames. Nous allons nous battre avec l’Estonie et l’Ukraine mais les performances de l’Italie et de l’Egypte vont aussi entrer en compte. Même si nous devons nous passer d’Auriane Mallo qui attend un heureux événement, nous avons un groupe fort avec 4 filles dans le top 20 mondial. La préparation a été longue et bonne mais comme toutes les autres nations, nous n’avons pas de repères après cette année sans compétition. Mais il n’y a pas de fébrilité et nous avançons tous ensemble. »
Déjà qualifiés tant chez les hommes que chez les femmes, les fleurettistes aborderont le Grand Prix de Doha, du 26 au 28 mars, avec l’ambition de confirmer ou d’améliorer leur classement international, mais aussi, à titre individuel, de marquer les esprits des commissions chargées des sélections pour Tokyo.
A noter que dans cette période difficile, dans une volonté de soutien aux athlètes et aux clubs, la Fédération française d’escrime prendra en charge le déplacement et l’hébergement de l’ensemble des tireurs sélectionnés pour ces trois épreuves (contre 4 à 5 tireurs habituellement).
« C’est une manière de récompenser l’ensemble des tireurs des équipes de France qui, depuis un an, travaillent tous ensemble et résistent dans des conditions difficiles, précise Bruno Gares, le président de la FFE. Nous avons toujours pensé que le succès vient du collectif, celui-ci incluant les clubs qui soutiennent leurs athlètes au quotidien. Ainsi, à Budapest, Kazan et Doha, c’est toute l’escrime française qui sera derrière nos 6 équipes de France, en particulier celles qui n’ont pas encore obtenu leur ticket olympique. J’ai confiance dans leur capacité à se transcender, à mettre en œuvre tout le travail engagé avec leur staff. Elles seront au rendez-vous, j’en suis convaincu. »

















