VOILE : Vendée Globe 2020, au cœur de l’action et de la récupération !
J+100 : Du sud-ouest des îles du Cap Vert aux Sables d’Olonne
À retenir :
- Clément Giraud, 21e du Vendée Globe
- Miranda Merron, prochaine à couper la ligne demain soir
- Six mois minimum pour récupérer physiquement d’un tour du monde en solitaire ! Explique Jean
- Yves Chauve, médecin de la course.
Avec l’arrivée de Clément Giraud ce mardi matin à 10h 28min précisément sous la barre des 100 jours, ce sont donc 21 skippers qui vivent désormais sur la terre ferme. Des femmes et des hommes usés physiquement et mentalement qui doivent désormais se requinquer, dormir (enfin !), reprendre une vie « normale ». Perte de poids, psychique déboussolé, mais envie immédiate d’y retourner, Jean-Yves Chauve, médecin du Vendée Globe depuis la première édition en 1989, fait le point sur l’état des marins. « Depuis que je suis rentré, je me réveille en sursaut en me disant que je n’ai pas entendu la sonnerie des capteurs » confiait Benjamin Dutreux, quelques jours après son arrivée. Les nuits et les jours des skippers de retour de leur tour du monde ressemblent à des courbes sinusoïdales, des vagues incessantes qui marque leur état de fatigue. « Durant plusieurs semaines, ils vont devoir gérer les coups de pompes réguliers. Et cela peut durer longtemps, au moins six mois. Le corps a été mis à rude épreuve. Mais c’est l’usure mentale, dûe au stress, qui est plus importante que le physique » souligne Jean-Yves Chauve. On a vu sur le ponton du Vendée Globe des visages marqués et des jambes flageolantes, parfois même des corps amaigris. « Certains ont perdu jusqu’à 7 kilos. Il faut maintenant rééquilibrer le corps, entre les membres inférieurs, qui n’ont pas beaucoup travaillé, et les membres supérieurs. Je constate beaucoup de traumatismes, beaucoup de bobos, des fractures de côtes, notamment suite aux chocs violents au niveau du dos » ajoute le médecin du Vendée Globe. Pas plus tard qu’hier, Alexia Barrier dans l’ouest de l’archipel du Cap Vert, nous envoyait une vidéo expliquant qu’elle était tombée violemment. « Alexia s’est probablement abîmée une apophyse transverse (point d’attache des muscles le long de la colonne vertébrale, ndlr). Il n’y a pas de traitement, mais c’est très douloureux. » commente le célèbre Doc’ qui a joint la navigatrice.
Une vie hors norme dans les conditions extrêmes fragilise les défenses
Et puis, plus que jamais cette année, les marins doivent faire face aux virus. Les défenses du corps se sont affaiblies car les organismes ont vécu en vase clos, quasiment en zone stérile. « Ils vont être fragiles face à la Covid-19 mais également à d’autres virus. On voit beaucoup de problèmes respiratoires car l’organisme doit relancer son système de défense. Les skippers de retour d’un Vendée Globe sont plus exposés » poursuit Jean-Yves Chauve qui constate également des pertes auditives. « Les chocs contre la coque en carbone entraînent l’amplification du bruit par le phénomène de résonnance. La fatigue mentale est très importante, il n’est pas rare d’avoir des problèmes d’acouphènes ».
Le retour sur terre rime avec repos des guerriers. Un repos nécessaire pour se relancer dans une autre course, car tous avouent envie d’y retourner. « Il y a comme une addiction au grand Sud, probablement parce qu’ils y découvrent des choses au fond d’eux, que la vie de tous les jours ne permet pas. C’est fou cette amnésie des moments durs ! » termine Jean-Yves Chauve.
Derniers milles sous tension
Clément Giraud a bouclé son premier Vendée Globe de façon magistrale malgré des conditions dures en approche du cap Finisterre. Miranda Merron vit la même chose : du trafic maritime et une dépression qui arrive de l’ouest. « Je ne dois pas traîner pas ici, je suis super concentrée, je n’ai pas le temps de penser à l’arrivée » confiait la navigatrice sur Campagne de France, que l’on devrait retrouver avec bonheur demain en toute fin de journée, voire en début de soirée. Manu Cousin sur Groupe SÉTIN est attendu vendredi. Ses avaries de quille et de safran rendent la fin de course stressante. Derrière Isabelle Joschke et Sam Davies, hors course, toujours encalminées sur la route vers les Açores, Alexia Barrier et Ari Huusela naviguent dans les alizés de nord-est au grand large du Cap Vert.
ILS ONT DIT…
« C’est bon j’ai doublé le DST. Il y a du trafic dedans et à l’extérieur aussi, mais heureusement il y a que des cargos car il y a trop de mer pour que les bateaux de pêche puissent sortir. La mer est assez grosse car les hauts fonds remontent, si j’empanne maintenant je vais finir en Espagne ! Il fait super beau. J’ai eu un double front froid cette nuit, il n’y avait pas de visibilité, plein de cargos, donc je n’ai pas beaucoup dormi, il faut que je récupère aujourd’hui. Je suis en constante vigilance. Je n’ai pas du tout pensé à l’arrivée encore. Je suis dans des eaux que je connais bien et je reconnais tout ce qu’il y a sur la carte. Ça fait du bien. Je vais essayer de ne pas avoir le même souci que Boris Herrmann. C’est quelque chose qui m’angoisse beaucoup. Quasiment toute la remontée de l’Atlantique a été dure, ça a été compliqué du début à la fin. Ce n’est pas quelque chose que j’aimerais refaire ! »
Miranda Merron, Campagne de France
CLASSEMENT
15:00 (heure française)
[…]
22. Miranda Merron, Campagne de France, à 354.68 milles de l’arrivée
23. Manuel Cousin, Groupe SÉTIN, à 549.14 milles du 22e
24. Alexia Barrier, TSE – 4myplanet, à 2 055.93 milles du 22e
25. Ari Huusela, Stark, à 2 258.44 milles du 22e

















