VOILE : Vendée Globe 2020, ATTANASIO, cap-hornier comblé !
Pour la 2e fois en quatre ans, Romain Attanasio a franchi le Cap Horn ce jeudi
- Actuel 14e du Vendée Globe, il n’a pas ménagé ses efforts face aux conditions musclées des derniers jours
- Le skipper de PURE-Best Western aborde la remontée de l’Atlantique avec détermination, tout en reconnaissant avoir « du bricolage » à faire à bord
Romain Attanasio ne s’est pas ménagé depuis la fin décembre. Si la traversée du Pacifique Sud l’a obligé à affronter des conditions particulièrement corsées, le marin de PURE-Best Western a résisté. De quoi s’offrir le plaisir immense de franchir le Cap Horn ce jeudi et de faire le plein d’énergie avant sa remontée de l’Atlantique, tout en gardant son sens de l’humour.
Une terre mythique qui a toujours fait rêver les hommes de mer, un océan plutôt clément et le plaisir non dissimulé de Romain Attanasio, bonnet vissé sur la tête et sourire en bandoulière. Jeudi matin, le skipper de PURE-Best Western venait de franchir le Cap Horn après 59 jours de course et s’est offert une belle photo souvenir. C’est déjà le 3e cap du Vendée Globe. C’est la fin d’une traversée épique de l’océan Pacifique. C’est l’annonce de jours heureux, surtout, avec le retour dans l’Atlantique et de ses latitudes plus hospitalières.
Face aux caprices du Pacifique
« Passer le Cap Horn, ça veut dire monter vers le soleil », assurait le marin mercredi. Comme pour tous ceux qui ont contourné la terre de feu avant lui, le moment est saisissant. Il y a quatre ans, le natif des Hautes-Alpes avait entrevu la cordillère des Andes enneigée. Cette année, le Cap Horn présente ses pics rocheux qui fendent l’océan sous un ciel dégagé et ça suffit à faire son bonheur.
Remonter le fil des derniers jours à bord de PURE-Best Western, cela oblige à constater que les conditions météos n’ont jamais cessé d’être capricieuses dans le Pacifique sud. Le 23 décembre, Romain progresse au près. Ensuite, les conditions se sont musclées, le vent est devenu très instable. Puis, il a fallu composer avec une forte dépression et des pointes à 45 nœuds ces derniers jours. « La mer est galère, le pilote n’arrive pas à tenir le bateau, ça me fait peur », confiait-il lundi dernier. Heureusement, l’approche du ‘Horn’ a été légèrement plus calme.
« Le moment où j’étais le plus performant, le plus vivant »
De ces jours à batailler contre les éléments, à « gérer les poches d’eau dans la grand-voile et les écoutes qui se barrent », le quarantenaire a répondu à une interrogation. Celle que tout le monde se pose à terre et qui trotte dans les têtes en mer : mais pourquoi s’infliger ça ? Lors d’une vacation lundi, le skipper avance une piste, un début de certitude au cœur des doutes : « nous sommes à fond en permanence. Tous les sens sont en éveil pour faire corps avec le bateau et la nature, pour prévoir ce qui va se passer, le vent, les vagues… Je pense que c’est ça qu’on recherche. Quand je serai tranquille chez moi, je me rappellerai que le moment où j’étais le plus performant, le plus vivant, c’est maintenant ».
Parce qu’il s’agit de Romain, l’aventure au cœur de l’océan ne le dispense pas de bonne humeur. Ainsi, le skipper de PURE-Best Western s’est déguisé en père Noel, s’est offert un repas de fête « so british » et conservé de l’eau du point Nemo. Par ailleurs, le marin n’oublie jamais ceux qui le suivent à terre. « On est sur notre bateau sans contrainte, sans couvre-feu, sans masque… Certes, on est privé de nos amis, de boulangerie, de bons déjeuners. Mais cette privation de vie normale, on l’a choisie. » Et le marin de citer Loïck Peyron : « j’ai le luxe de choisir mes souffrances alors je ne peux pas me plaindre ». Guidé par ce leitmotiv, Romain continue sa route et assure avoir « un peu de bricolage à faire sur son bateau » tout en restant extrêmement motivé. Ce vendredi, à 14h, il lui restait 6 650 milles à parcourir jusqu’aux Sables-d’Olonne.

















