INSTITUTIONNEL : Agence National du Sport, projet Tokyo 2020
Ce mardi 18 février, Claude Onesta, Manager de la Haute-Performance de l’Agence nationale du Sport, a donné des éléments d’analyse sur la position olympique et paralympique de la France à date, et apporté des éclairages sur les actions du pôle Performance de l’Agence.
Les grandes lignes des orientations visant à augmenter les performances à Paris en 2024 ont également été tracées.
-La France a une position qui s’affaiblit depuis quelques années
– C’est à partir de ce constat qu’il a été évoqué la nécessité de faire évoluer le modèle sportif français.
Cette démarche a abouti à la création de l’Agence nationale du Sport, le 24 avril 2019. Il est illusoire de penser résoudre les problèmes identifiés en 15 mois. Les premières décisions de l’Agence visaient donc à essayer de stabiliser les résultats à Tokyo en agissant sur les leviers de la performance des athlètes médaillables. Au lendemain de Tokyo, l’Agence démarrera un plan de transformation conséquent en vue d’améliorer les résultats du sport français à Paris en 2024.
Les actions prioritaires à destination de Tokyo :
-Renforcement de la dimension socioprofessionnelle autour des « médaillables » pour leur permettre de se consacrer pleinement à leur préparation sportive via une augmentation des aides personnalisées de 9,5 M€ en 2018, à 11,8 M€ en 2019 ;
– Valorisation de l’encadrement technique via une enveloppe spéciale de 2,5 M€ en 2019 car l’athlète performant bénéficie toujours d’un entraîneur engagé, disponible et compétent à ses côtés au quotidien ;
-Renforcement de l’encadrement médical et paramédical en faveur des sportifs. Au lendemain de Rio, il a été démontré que les sportifs blessés l’année des Jeux compromettaient fortement leurs probabilités de médailles ;
-Promotion de l’accompagnement scientifique et technique en renforçant les experts autour du binôme entraîneur – sportif comme des préparateurs physiques, préparateurs mentaux, préparateurs de matériel, diététiciens, analystes vidéos, ostéopathes, … ;
-Organisation de l’apport de matériel et d’équipements HP permettant de s’entraîner dans les meilleures conditions.
Cette année, l’engagement de l’agence évolue. Tout en maintenant les mesures de 2019, l’Agence lance plusieurs dispositifs ambitieux :
– La sport Data Hub ;
– La Maison de la Performance ;
– L’apport des sciences du sport dans les projets fédéraux
L’enjeu de l’Agence est de développer une relation partenariale avec chaque fédération en déclinant de manière méthodique et simple les piliers de la performance pour une meilleure efficience.7
OLYMPISME
Année Soutien aux fédérations Aides personnalisées
- 2020 60,2 M€ 11,8 M€
- 2019 61,2M€ 11,8 M€
- 2018 54,4M€ 9,5M€
- De 2014 à 2017 51 à 52 M€ 9,5M€
Eléments financiers en faveur des 59 fédérations olympiques, paralympiques et reconnues de haut niveau.
OLYMPISME
-Classement des Nations par l’Agence nationale du Sport-
Ce classement est réalisé par l’Agence nationale du Sport au regard des résultats lors de la dernière édition des Championnats du Monde (ou ranking) de chaque discipline dans les épreuves olympiques inscrites au programme de Tokyo. Il prend en compte les règles en vigueur pour les Jeux Olympiques 2020 du CIO à savoir : les quotas par épreuves par CNO (nombre d’athlètes au maximum) et le calcul valorisant le nombre de médailles d’or puis d’argent et enfin de bronze. Ce n’est pas une prévision de médailles mais un état des lieux des résultats réalisés en championnats du monde.
RG Pays Or Ar Br Total
- USA 48 29 26 103
- CHN 44 29 20 93
- RUS 27 25 19 71
- JPN 18 24 12 54
- AUS 15 17 15 47
- NED 15 14 7 36
- GER 13 8 17 38
- GBR 12 13 28 53
- FRA 10 9 18 37
- NZL 10 3 5 18
- KOR 8 7 11 26
- HUN 8 5 4 17
- ITA 7 13 17 37
- BRA 6 7 7 20
- POL 5 7 8 20
- UKR 5 5 8 18
- KEN 5 2 4 11
- CAN 4 2 16 22
- ESP 3 10 8 21
- TUR 3 5 5 13
Y compris la médaille de bronze en lutte en attente de décision de AFLD (Zelimkhan Khadjiev)
-Contexte international / Concurrence-
Le Top 8 :
- Apparition de 2 nouveaux pays : l’Australie et les Pays-Bas, au détriment de la France et de la Corée du sud.
Un Top 4 qui semble se dessiner : USA, CHN, RUS, JPN
- Les Etats-Unis prennent le large
- La Chine et la Russie devront jouer serrées pour se maintenir sur le podium
- Le Japon transforme ses médailles en titres et pourrait accéder au Top 3
Les Etats-Unis creusent le fossé avec leurs poursuivants. Aux derniers championnats du monde, les Américains ont récolté l’or dans 7 sports supplémentaires (dont 5 nouveaux) par rapport aux Jeux Olympiques 2016.
La Chine et la Russie progressent également avec un panel de sports médaillés qui s’élargit.
Le Japon affiche déjà une progression de deux places au classement au tableau des médailles par rapport à Rio 2016 (+ 7 sports médaillés, + 6 sports en or). L’effet du « Home Advantage » a pris effet en 2019 avec une progression importante en un an notamment sur les titres.
Trois pays pour une place dans le Top 5 : AUS, NED, GBR
- La Grande-Bretagne en net recul
- L’Australie revient à son niveau de 2008 et pourrait intégrer le Top 5
- Les Pays-Bas est la nation qui a le plus progressé.
L’Australie (10e en 2016) et les Pays-Bas (11e en 2016) sont les deux nations qui présentent la plus forte progression sur les trois indicateurs que sont le rang, le nombre total de médailles et le nombre de médailles d’or. La première revient à son niveau de 2008 et la Hollande atteint des performances jamais égalées en élargissant son domaine de suprématie fort de ses 12 sports médaillés dont 9 en or contre 7 à Rio.
Enfin, la Grande-Bretagne présente un bilan 2019 en fort recul par rapport aux deux olympiades précédentes. Habituée à protéger ses meilleurs sportifs les deux années post-olympiques, il faudra cependant se méfier d’un retour dès le printemps 2020. Les championnats du monde de cyclisme sur piste qui se dérouleront fin février à Berlin (GER) seront riches en enseignements pour les Jeux Olympiques 2020.
Groupe de la France – Places de 6 à 10 : GER, FRA, ITA, NZL, KOR
- L’Allemagne et la France ont peiné à monter sur la première marche des podiums mondiaux 2019 et montrent un volume en deçà des résultats atteints aux Jeux Olympiques 2016.
- Trois nations talonnent la France et pourraient se montrer dangereuses : l’Italie, la Nouvelle-
- Zélande et la Corée du sud.
-Nouveaux Sports-
Le programme olympique s’enrichit de 5 sports additionnels à Tokyo, à savoir : le baseball et le softball, l’escalade, le karaté, le skateboard et le surf. Ils représentent 18 épreuves supplémentaires, auxquelles il faut ajouter les 2 épreuves de basket 3X3 et 2 épreuves de BMX Freestyle qui rejoignent le socle des épreuves olympiques pérennes. On note que les sports additionnels sont favorables au pays hôte et aux Etats-Unis. La France apparait dans le tableau avec une médaille d’or en karaté et une de bronze en basket 3X3.
Pays Or Ar Br Total
- USA 5 1 1 7
- JPN 4 5 2 11
- BRA 2 4 2 8
- IRI 1 2 3
- AUS 1 1 2
- CHN 1 1 2
- ESP 1 1 2
- FRA 1 1 2
- AZE 1 1 2
- POL 1 1 2
- CRO 1 1
- PER 1 1
- SLO 1 1
- SRB 1 1
Extrait des pays médaillés dans les 7 nouveaux sports (nations avec médailles d’or)
-La France-
La France présente des résultats inférieurs à ceux des Jeux Olympiques 2016 :
- Nombre de médailles d’or en net recul Vs Championnats du Monde en 2015 (14 Vs 10)
- Volume de médailles sensiblement identique malgré l’augmentation du nombre d’épreuves (33 épreuves dont 18 dans les sports additionnels)
Le nombre de sports médaillés en 2019 est, quant à lui, supérieur à celui des JO 2016 (22 Vs 17)
PARALYMPISME
-Classement de la France par l’Agence nationale du Sport-
Ce classement de la France est réalisé par l’Agence nationale du Sport au regard :
- Des performances réalisées aux championnats du monde de 2019 et début 2020 dans les épreuves paralympiques inscrites au programme de Tokyo.
- D’une analyse longitudinale des sportifs français face à la concurrence internationale.
Si l’Agence s’était arrêtée aux seuls résultats des mondiaux sur la période 2019/2020, la France n’aurait eu que 4 titres et 24 médailles. En effet, une des spécificités du calendrier international paralympique est que l’intégralité des sports et épreuves représentés aux Jeux Paralympiques n’ont pas de Championnats du Monde.
Ce classement prend en compte les règles en vigueur pour les Jeux Paralympiques 2020 du CPI, à savoir : les quotas par épreuves par CNP (nombre d’athlètes au maximum) et le calcul valorisant le nombre de médailles d’or puis d’argent et enfin de bronze. C’est une tendance à 6 mois des Jeux Paralympiques qui tient compte des résultats réalisés en championnats du monde et d’une analyse longitudinale des sportifs français face à la concurrence internationale.
La France se stabilise par rapport aux Jeux Olympiques 2016 :
Nombre de médailles d’or stabilisé
- Volume de médailles supérieur
-Situation Paralympique de la France-
Au lendemain des Jeux paralympiques de 2016 :
- Une baisse continue des performances aux Jeux Paralympiques d’été depuis 2000
- Un soutien financier limité pour l’encadrement des athlètes (bénévolat et vacataires)
- Un programme sportif réduit ou dont la charge financière était assumée par les athlètes
-Analyses et constats du paralympisme français en 2017-
- Un niveau de préparation fragile des équipes et des athlètes
- Une délégation vieillissante, une rétention fragile
- Une détection limitée de la relève
- Un faible taux de conversion aux Jeux Paralympiques (125 athlètes à Rio en 2016 dont seulement 21 ont gagné une médaille ou plus pour un total de 28)
- Un réel potentiel athlétique pour maintenir un rang entre la 12e et 17e place
-Stratégie haute performance de l’Agence : 2017-2019-
- Nouveau paysage paralympique avec la mise en place d’un programme de relève tripartite Agence / Comité Paralympique et Sportif Français / Fédérations :
-Délégation de 10 sports à des fédérations Olympiques (dites homologues)
-Détection soutenue et accélérée depuis 2018
-Nouveaux athlètes médaillés
- Structuration des projets centrés sur les athlètes (3 publics spécifiques)
-Les Elites/Seniors
-La Relève
-La Détection/initiation
- Augmentation du budget paralympique entre 2017 et 2019 (+123%)
-Renforcement du soutien aux athlètes et entraineurs
-Management et coordination des projets semi-centralisés, centralisés
-Accompagnement du duo athlète-entraineur avec des experts scientifiques et techniques
-Optimisation du soutien médical

















