VOILE : Audace, détermination, apprentissage, fiabilité
Bilan positif pour le duo Maître CoQ.
Après 14 jours 22 heures 6 minutes et 23 secondes de mer, Yannick Bestaven et Roland Jourdain ont coupé ce lundi 11 novembre à 11h21’23 (heure française) la ligne d’arrivée de la Transat Jacques Vabre à la 11eplace. Maître CoQ aura parcouru en tout 4914 milles, à la moyenne réelle de 13,72 nœuds. A l’arrivée au ponton, Yannick Bestaven a dressé un bilan positif de ces deux semaines de mer.
Quel est ton sentiment au moment de poser le pied sur la terre ferme à Salvador de Bahia ?
Enfin arrivé ! La course aura été dure jusqu’au bout, jusqu’à la ligne d’arrivée, parce qu’il n’y avait plus de vent dans la baie de Bahia, il a donc fallu tirer une dizaine de bords, pendant que derrière, Malizia (finalement arrivée 22 minutes et 20 secondes après Maître CoQ)se rapprochait, mais ça valait le coup de faire tous ces efforts, puisque nous avons réussi à être devant. Auparavant, nous avions eu un bord magique le long du Brésil, c’était vraiment sympa de faire glisser le bateau dans l’alizé sur le foil tribord.
Comme pour d’autres, votre traversée du Pot-au-noir n’a pas été de tout repos, peux-tu nous raconter comment ça s’est passé ?
C’est vrai qu’il a été compliqué. Nous avions décidé de remettre une deuxième couche à l’ouest, après avoir étudié une multitude de fichiers et de photos satellites, nous avions d’autres bateaux autour de nous qui avaient fait le même choix, nous pensions être dans le vrai, nous avons finalement été arrêtés plus longtemps que prévu. Comme quoi le Pot-au-noir est vraiment hasardeux, personne ne peut prétendre détenir la solution miracle dans cette zone vraiment très aléatoire. C’est dommage, parce qu’avant le Pot-au-noir, notre Maître CoQ avait vraiment été performant, nous étions bien revenus dans le match, nous pensions faire fructifier notre décalage à l’ouest.
Quel bilan dresses-tu de cette Transat Jacques Vabre ?
Malgré le résultat un peu en-deçà de ce que nous espérions au départ du Havre, c’est un super bilan. D’abord parce que l’entente à bord avec Roland a été très bonne, j’ai appris plein de petites choses à ses côtés. Après, je suis vraiment satisfait de la fiabilité du bateau. Nous sommes partis dans l’ouest chercher du vent fort et de la mer, Maître CoQ s’est très bien comporté dans ces conditions, c’est rassurant en vue de la suite et du Vendée Globe. Et ce que je retiendrai, c’est que nous avons été très audacieux sur nos options. Nous savions qu’en vitesse pure, les derniers foilers étaient plus rapides dans certaines conditions, donc je pense qu’il fallait oser pour être ambitieux, je n’ai aucun regret vis-à-vis de cette stratégie. Il ne nous a pas manqué grand-chose pour que ça passe, c’est le jeu de la course au large.
As-tu beaucoup appris dans la perspective du Vendée Globe ?
Oui, énormément. Après deux semaines de mer en course, je sais encore mieux faire fonctionner le bateau et j’ai noté plein de petits détails pour améliorer Maître CoQ en vue du solitaire. J’ai aussi appris mentalement, parce que malgré notre position au classement qui était parfois difficile, nous n’avons jamais baissé les bras avec Roland, nous sommes restés combatifs, nous avons toujours trouvé du charbon à remettre dans la machine en continuant à naviguer comme nous savions le faire.
L’IMOCA Maître CoQ a-t-il eu des pépins techniques ?
Aucun, nous n’avons pas eu un souci à bord de Maître CoQ ! C’est une grosse satisfaction, parce que ça veut dire que nous avons bien travaillé en amont avec toute l’équipe, ensuite parce que je pense que sur le Vendée Globe, la fiabilité sera le maître mot, donc je trouve ça très rassurant.
Ses performances sont-elles conformes à ce que tu pensais ?
Oui, nous avions beaucoup navigué cette année, donc nous savions à quoi nous attendre et Maître CoQ a été à la hauteur de ce que nous imaginions. C’est aussi pour ça qu’au début, nous sommes partis dans l’ouest. Nous savions que le bateau était très rapide aux allures de reaching et de près par rapport au reste de la flotte, moins au portant, cette stratégie a été dictée en bonne partie par les points forts de Maître CoQ.
Quel est désormais le programme ?
Nous allons déjà prendre une petite douche, nous raser, profiter un peu des chaleurs brésiliennes et surtout repartir très vite dans l’autre sens pour ramener le bateau à La Rochelle avec Jean-Marie Dauris et Ronan Le Goff. L’objectif est de rapidement le mettre en chantier cet hiver pour pouvoir naviguer très tôt, comme on l’avait fait en début d’année. Ensuite, j’ai bien évidemment prévu d’aller rendre visite à tout le monde chez Maître CoQ, parce que nous avons été très soutenus avant le départ et pendant toute la course. Christophe Guyony (directeur général) nous avait même appelés quand nous étions dans notre option ouest pour nous conforter dans notre choix, ça nous a fait chaud au cœur, donc j’ai très envie d’aller remercier toute l’entreprise qui nous a suivis au jour le jour.

















