VOILE : IMOCA Fortil, skipper Clément GIRAUD
Clément Giraud s’exprime sur la gestion de crise. « Nous sommes formés et toutes les avaries sont anticipées ».
Contraints de renoncer à la Transat Jacques Vabre, à la suite d’un improbable incendie ayant causé des dégâts à bord de leur IMOCA Fortil, Clément Giraud et Rémi Beauvais consacrent désormais leur énergie à la remise en état du bateau avec un objectif : mettre à l’eau le plus rapidement possible pour reprendre les entrainements.
Aujourd’hui, Clément était au « 139 », espace de co-working du Havre, pour une rencontre avec un panel d’entrepreneurs. Si le thème était initialement la course, c’est finalement sur la gestion de crise que Clément va s’exprimer. Car le skipper est aussi un chef de projet qui doit, avec son équipe, anticiper chaque situation. Les qualités d’un skipper servent autant dans les coulisses d’une gestion de crise qu’en mer : pragmatisme, lucidité, détermination.
Rappel des faits
Lundi 21 octobre, en soirée, un incendie s’est déclaré à bord de l’IMOCA Fortil, pour une raison encore indéterminée, et causant des dégâts ne permettant pas de prendre le départ dimanche. Mardi 22 octobre, Clément Giraud et Rémi Beauvais prenaient la difficile décision de renoncer au départ de la Transat Jacques Vabre. Des expertises sont en cours, pour évaluer les dégâts et la nature des réparations à entreprendre, et pour tenter de déterminer l’origine du sinistre. Dès que ces experts auront rendu leurs rapports, le chantier de réparation pourra démarrer. L’objectif est de pouvoir naviguer dès le mois de janvier.
L’incendie à quai : un événement rarissime
Un projet de course au large ambitieux va de pair avec le risque d’être confronté à des événements improbables et donc à devoir gérer des situations complexes.
Si l’incendie, à quai, est un fait rarissime, l’équipe de Clément Giraud et Fortil s’était préparée à gérer différents types d’avaries, de la petite casse matérielle jusqu’à l’accident majeur. Une cellule de crise était constituée, autour d’un chef de projet, et composée de techniciens, de soignants et de communicants.
Clément Giraud : « Ce type de crise est anticipé, même si le cas précis d’un incendie à quai n’était pas évoqué dans les différents schémas. Un document précis est édité avant chaque course et la cellule de crise devient joignable 24 h sur 24, prête à intervenir, sur un plan technique et d’assistance, d’abord, puis en communication car il est important de ne diffuser que des informations avérées et de ne pas laisser de place aux extrapolations. »
Les skippers et leurs équipes sont également formés à la gestion de crise : « Nous suivons des formations, comme des stages de survie, des stages de premiers soins en mer. Nos bateaux subissent tous un contrôle de sécurité avant le départ et nous assistons à un briefing sécurité très pointu. Nous sommes formés au secours d’un autre concurrent, à notre propre sauvetage, aux modalités d’abandon du bateau en mer, au feu, etc… Une large part de l’équipement à bord est dédié à la sécurité qui est également au centre de la jauge que doivent respecter nos bateaux ».
Cet événement rarissime a alerté l’ensemble des teams et des services de secours. Des protocoles complémentaires sont en cours pour éviter qu’un tel accident se reproduise.

















